Améliorer l’adhérence des matériaux grâce aux plasmas
Publié par MATEX, le 2 mars 2026
Lancé dans le cadre du programme ARD MATEX, le projet Carbone 2, mené par les laboratoire GREMI et LAMé, en partenariat avec la société EFJM, vise à relever un défi clé pour l’industrie : améliorer l’adhérence entre différentes familles de matériaux en utilisant la technologie des plasmas.
Les procédés classiques et actuels de préparation de surface (traitements mécaniques ou chimiques), bien qu’efficaces, présentent des limites : pollution, toxicité, danger pour les opérateurs, coûts élevés. Aussi, le traitement par plasma constitue une alternative innovante pour préparer les surfaces et déposer des couches minces favorisant l’adhésion de façon « propre » et maitrisable.
Forts de ce constat, les laboratoires d’Orléans GREMI et LaMé (Laboratoire de Mécanique Gabriel Lamé), en partenariat avec la société eurélienne EFJM, spécialiste de systèmes d’étanchéité, mènent le projet Carbone 2, dans le cadre du programme ARD MATEX (Ambition Recherche et Développement Multi MATériaux en conditions EXtrêmes). Parce qu’engagée dans l’innovation, le transfert technologique et l’intégration d’approches respectueuses de l’environnement dans les procédés industriels, EFJM s’est tournée vers des acteurs scientifiques reconnus pour relever un défi industriel : améliorer l’adhérence entre différentes familles de matériaux (métaux, céramiques, polymères, élastomères) en utilisant la technologie des plasmas.
« Nous développons deux approches complémentaires. Des procédés à pression atmosphérique, simples et peu coûteux, pour le pré-nettoyage et la fonctionnalisation des surfaces et des procédés à basse pression. Ces derniers permettent la fonctionnalisation des surfaces, par greffage ou par dépôt contrôlé de films minces, voire de nano-parois de carbone (graphène), qui jouent le rôle de couches intermédiaires d’adhésion », détaille Eva Kovacevic, professeure des universités à Orléans.
Et les avancées sont prometteuses : mise au point de réacteurs plasma innovants, premiers dépôts de films sur aluminium et développement d’une méthode originale de croissance de nano-parois de carbone. Des résultats qui ouvrent la voie à des solutions inédites pour l’assemblage élastomère-métal ; un enjeu majeur pour de nombreux secteurs (aéronautique, automobile, énergie…).
Des travaux innovants qui par ailleurs insufflent une dynamique de valorisation scientifique et sociétale, via plusieurs publications dans des revues internationales d'excellence, des participations à des conférences majeures, des actions de diffusion scientifique dédiées au grand public (Fête de la Science, vidéos pédagogiques). « Les étudiants bénéficient également d’une immersion dans les mondes de la recherche et du développement industriel », se félicite Eva Kovacevic.
Tant pour ses retombées académiques que pour sa contribution à la transition industrielle vers des procédés plus propres et plus performants, ce projet, à l’instar de tous ceux menés par l’ARD MATEX, illustre la capacité des instituts de recherche de haut niveau à collaborer avec un industriel reconnu, afin d’innover ensemble pour préparer les matériaux de demain.
Enfin, Carbone 2 a également permis de créer deux postes de recherche, pour deux ans, en région. En prolongement de ces actions, des opportunités professionnelles ont également été ouvertes chez le partenaire industriel et de futures perspectives d’emploi pourraient émerger au sein des laboratoires académiques, notamment autour des activités de transfert de technologie et d’innovation.
