Semaine du cerveau
Deux conférences pour comprendre les nouvelles avancées dans la compréhension des maladies du cerveau, par les lauréats 2025 de la Fondation Planiol et du club InnerWheel. Les deux lauréats recevront leur Prix avant les conférences
Perception des changements cognitifs avec l’âge et premiers signes biologiques de la maladie d’Alzheimer
Dr Elizabeth Kuhn
UHNInserm UA20 Neuropresage, Caen
Avec l’âge, il est fréquent de remarquer de petits changements dans sa mémoire, son attention ou sa façon de fonctionner au quotidien. La plupart du temps, ces évolutions sont bénignes et font partie du vieillissement normal. Cependant, certaines perceptions spécifiques pourraient, dans de rares cas, être associées à des changements biologiques très précoces de la maladie d’Alzheimer, bien avant l’apparition de difficultés objectivement mesurables.
Dans cette étude internationale portant sur plus de 7 000 personnes âgées sans trouble cognitif, nous avons examiné le lien entre plusieurs perceptions liées à la mémoire - notamment le ressenti d’un déclin mnésique, l’inquiétude associée, l’apparition récente de ce ressenti (moins de cinq ans), ou encore la comparaison avec d’autres personnes du même âge - et des marqueurs biologiques de la maladie d’Alzheimer.
Les résultats montrent que deux de ces éléments, le ressenti d’un déclin de la mémoire et l’inquiétude qui l’accompagne, étaient plus fréquemment observés chez les personnes présentant des signes biologiques très précoces de la maladie, en particulier liés à l’accumulation d’amyloïde dans le cerveau. Pris individuellement, ces ressentis montrent des associations plus limitées, tandis que leur combinaison renforce le lien observé avec la protéine tau, un autre marqueur clé de la maladie.
Ces résultats améliorent la compréhension des premiers signes cliniques de la maladie d’Alzheimer, sans permettre à ce stade un diagnostic à l’échelle individuelle. Ils ouvrent toutefois des perspectives pour envisager, à l’avenir, des stratégies de prévention plus précoces, bien avant l’apparition de difficultés dans la vie quotidienne.
Rôle des expositions chimiques environnementales dans la maladie d’Alzheimer
Dr Sophie Lefèvre-Arbogast
Institut de recherche en santé, environnement et travail - Inserm UMR_S 1085, Rennes
La maladie d’Alzheimer est la principale cause de démence, et n’est pas héréditaire dans la majorité des cas. Il s’agit d’une maladie multifactorielle influencée par des facteurs de risque à la fois génétiques et environnementaux, parmi lesquels le mode de vie, le niveau d’éducation, la santé cardiométabolique et diverses conditions médicales. Cependant, certaines causes environnementales de la maladie restent mal connues, et en particulier le rôle des substances chimiques, malgré que certaines soient suspectées de neurotoxicité et que la population y soit largement exposée via l’air, l’eau, l’alimentation, les produits de consommation courante ou du cadre professionnel. Actuellement, seules l’exposition professionnelle à certains pesticides et la pollution de l’air aux particules fines disposent de données suffisantes pour suggérer un lien avec un sur-risque de démence. Peu de données existent sur des polluants historiques tels que les PCB, ou des polluants plus contemporains, comme les PFAS ou les pesticides émergents. Plusieurs projets de recherche en cours, basés sur de grandes cohortes françaises comme l’étude des Trois-Cités et mobilisant des approches innovantes de mesure de l’exposition chimique dans le sang, les urines ou les cheveux, devraient permettre de faire avancer les connaissances dans le domaine.
De 19:00 à 21:00
