Retour sur le 6ème forum régional des acteurs de la culture scientifique en Centre-Val de Loire

Publié par Centre•Sciences, le 15 février 2021   450

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Le 6ème forum régional de CSTI du Centre-Val de Loire vient de se clôturer après 3 jours d'échanges de pratiques et de témoignages, les 2, 3 et 4 février 2021 : Centre•Sciences comme la Région remercient tous les acteurs de ce rendez-vous qui marque un temps fort de la dynamique de réseau régional des acteurs de la culture scientifique.

Ce forum a notamment été l’occasion pour les acteurs en région d’échanger sur leurs pratiques dans une dynamique de mise en réseau. Centre•Sciences, animateur de cette dynamique avec le Conseil régional Centre-Val de Loire, tiennent à cette occasion à saluer leur implication, tout particulièrement dans le contexte de crise sanitaire auquel nous sommes tous confrontés. 

Vous avez été nombreux à participer à ces 3 journées en distanciel, avec 8 rendez-vous, la mobilisation de 46 intervenants, soit 165 inscrits dont une cinquantaine connectés à chacune des sessions proposées. Vous pouvez dès à présent retrouver l’intégralité des échanges et les liens ressources proposés par les intervenants sur les pages Réseau : https://www.centre-sciences.org/reseau-regional-et-annuaire/programme-detaille-forum-2021

Retour sur le 6ème forum - Synthèse des échanges

Ouverture, le mardi 2 février à 9h30

Ouvertes par M. François BONNEAU, président du Conseil régional et M. Claude FLEURIER, président de Centre•Sciences, ces 3 journées de Rencontres professionnelles marquent un temps fort dans la vie du réseau en Centre-Val de Loire ; FORT en termes d’échanges car fruits de nombreux temps de rencontres professionnelles depuis 2013, qui ont vu se construire collectivement une ambition pour la culture scientifique au sein de la Stratégie régionale. FORT au regard de la crise sanitaire et de son impact sur nos activités, sur le lien construit avec nos publics, dans le constat parfois éclatant du divorce d’une partie de la société avec les sciences. FORT au regard du chemin parcouru, des défis relevés et des ambitions communes toujours plus exigeantes.

Olivier MORAND, directeur de Centre•Sciences a ainsi rappelé les principales actions engagées au bénéfice du réseau en 2021 :  des outils en évolution depuis le dernier forum en janvier 2020 avec l‘Annuaire du réseau, riche à ce jour d'une quarantaine de structures, pour y découvrir le potentiel régional et nouer des interactions avec d’autres acteurs du réseau, avec le développement des Communautés & des Ressources sur Echosciences Centre-Val de Loire, mais aussi la volonté de rendez-vous plus fréquents des acteurs du réseau, voire de temps professionnalisant pour monter ensemble en compétence.

Quelles places pour la médiation scientifique en situation de crise ? (mardi 3 février à 10h)

De quels accès à la CSTI disposent les citoyen.nes confinées ? Comment maintenir et même innover dans l’adresse aux publics, l'adaptation des activités scientifiques proposées pour maintenir la relation au public fondée sur l'échange, le dialogue et le questionnement ? En période de crise sanitaire, où l'expertise scientifique est si souvent sollicitée, comment développer l'esprit critique, la distinction entre le vrai du faux ? Et dans l'optique d'un retour à une situation moins contrainte, que garder de l’expérience vécue et des innovations développées durant le confinement ? Un temps de réflexion sur cette période de crise, avec 3 grands témoins en les personnes de :

David GIRON, directeur de recherche à l'IRBI (Université de Tours / CNRS), « Plus que jamais, les scientifiques -notamment ceux qui enseignant ou communiquant sont naturellement portés à éduquer et à partager les savoirs- ont une responsabilité sociétale à transmettre les connaissances, pour éclairer le débat public, mais aussi faire entendre l’importance de données objectivées pour répondre aux enjeux et face à la propagation des croyances et des fake-news. »

Anne JONCHERY chargée d'étude au ministère de la culture et co-autrice d'une étude sur les "Pratiques culturelles des français en temps de confinement" avec Philippe LOMBARDO parue en décembre dernier, constat d'« une réduction des écarts entre les groupes sociaux dans les pratiques culturelles. La suppression de la culture de sortie, la difficulté d'accéder à certains produits culturels a eu des conséquences. La culture d'écran pour le coup, n'était pas confinée, pas entravée par la crise sanitaire. Parmi les résultats les plus saillants de l'étude, on a pu constater une réduction des écarts entre les groupes sociaux à l'échelle des pratiques en amateur et des consommations culturelles. »

et Olivia VOISIN, directrice des musées d'Orléans, « La crise sanitaire et le confinement ont profondément impacté les établissements culturels ; mais ils ont aussi conduit ces lieux d’accueil du public à innover dans leur adresse au public, afin de poursuivre l’accès aux œuvres et aux savoirs par une offre en ligne, une autre approche des collections, des formes de médiations renouvelées. À l’horizon d’une sortie de crise, dont l'urgence doit être entendue, comment capitaliser sur ces expériences, voire imaginer une relation nouvelle aux publics par exemple éloignés ? »

Ces rencontres sont un temps dédié à la place de la médiation en temps de crise, à l'innovation dans l'adresse aux publics, voire à de nouvelles formes de médiations au carrefour entre Arts, Sciences, Culture et Résilience. Les acteurs en région ont ainsi en une dizaine d'interviews vidéo offert un aperçu de la diversité des adaptations imaginées au cours de cette période. Nous vous invitons à les retrouver sur la chaîne Youtube consacrée au forum.

Monter en compétence, développer mes pratiques professionnelles, et pourquoi pas moi ? (mardi 3 février à 15h)

Le second rendez-vous de cette première journée du forum a été consacré à un enjeu d'importance, celui de la formation à la médiation, régulièrement rappelé au cours des différents temps d'échanges, notamment dans la nécessité pour nombre d'acteurs de la médiation à s'auto-former pour innover dans cette période récente. Pour répondre aux besoins des acteurs en région, comment le réseau peut-il y contribuer et favoriser la montée en compétence de chacun ? La dizaine d'intervenants ont proposé trois focus respectivement sur : 

- les Musées et personnels des collectivités, avec Mathilde RETIF, de l'association des Musées en région Centre Val de Loire et Laurence KRIEF, référente culture au CNFPT Centre dont la collaboration a permis « d'imaginer des modalités différentes de formations, d'échanges de pratique avec les Visites apprenantes, mais aussi le nécessaire recueil des besoins des personnels, pour FAIRE RÉSEAU »,

- l'Université et le monde enseignant, avec Evelyne BOIS, directrice de la Maison pour la Science et Olivier RICHARD, de l'INEM, tous deux enseignants chercheurs à l'Université d'Orléans témoignant de la construction d'une offre de formation « née d'une envie de travailler ensemble, de proposer au-delà d'un apport de connaissance, un cadre différent et une approche partenariale mixant Arts et Sciences et qui impacte la façon d'enseigner, de transmettre...»

- et enfin un focus sur le monde associatif et de l'éducation populaire, avec Claire GOUARIN d'Arboresciences et Sylvie FORTIN, enseignante-chercheuse en sociologie et responsable de la Licence Médiation Scientifique et Éducation à l'Environnement à l'IUT de Tours, rappelant « la dynamique de transmission, de partage de pratiques, où la médiation s'appuie sur une pédagogie active  -du faire- mais surtout nourrie des sciences humaines et sociale, où il n'est pas prérequis d'être scientifique pour oeuvrer à la médiation scientifique. »

C'est au final le portrait d'une « médiation scientifique qui recouvre une grande diversité d’actions et d’acteurs, souvent méconnue du public et des institutions... qui mobilise nombre de compétence, de savoir-faire, mais aussi de challenge permanent et de défi dans la volonté de partager les connaissances au plus grand nombre, de contribuer au développement de l’esprit critique et d’une citoyenneté active face aux enjeux du monde présent et à venir » qui a été développé, avec Noëmie LOZAC'H VILAIN, responsable de l'École de la Médiation, rappelant le travail collectif conduit en 2016 sur un référentiel de la médiation, ainsi que Claire GIRARD-RODARY, chargée de mission à la DESRTT-Région Centre Val de Loire et Guy-Antoine DUFOURD de Centre•Sciences. Ce dernier temps de table ronde autour de la question "d'un référentiel des compétences de la médiation" a été l'occasion de rappeler l'enjeu pour le réseau de répondre aux attentes des acteurs, tant par des temps d'échanges de pratiques comme le forum -de Social Learning- ainsi que d'une valorisation de l'offre de formation proposée par les acteurs en région et au national -dont les publications dans l'Agenda de la Formation sur Echosciences- mais aussi de la conception et du partage de ressources formatives, tel que le permet le tout récent carnet de route "Monter un projet de culture scientifique"

La seconde journée du mercredi 3 février a été riche d'échanges avec deux ateliers en matinée, dont l'un proposé sous une forme très interactive par l'École de la Médiation : 

Atelier 1 – Médiateurs et médiatrices du futur : Quelles nouvelles compétences ? (mercredi 3 février à 10h)

Cet atelier participatif animé par Noëmie LOZAC'H VILAIN, responsable de l'École de la Médiation-Universciences, regroupait une quinzaine d'acteurs, en charge de la médiation au sein d'institutions culturelles, d'établissement de recherche, d'associations ou de services issus de collectivités. Ce temps prospectif visait à « imaginer où nous en serions de la médiation dans une vingtaine d'année, de la transformation des métiers, de l'évolution des environnements ou de statuts très différents, relevant tout autant de l'auto-entreprise aux missions de services publics... l'occasion de rappeler la pertinence d'une cartographie des compétences conçue comme un outil vivant, évolutif. »

Atelier 2 – Sciences et BD : une relation renouvelée ? (mercredi 3 février à 10h)

Inspiré du rendez-vous proposé aux enseignants en 2020 par la Maison de la BD de Blois autour de la relation Sciences et BD, cet atelier invitait à explorer les formes récentes de collaborations entre scientifiques, illustrateur.rices et auteur.rices de BD, éclairé par les exemples de l'initiative "Sciences en bulle" lors de la fête de la science. Lucie CLARYSSE et Béatrice SAULNIER ont témoigné d'une collaboration pour diffuser les sciences autrement, pour interpeller des lycéens sur des thématiques de recherche complexe, par l'humour et la vulgarisation. Miss PRICKLY, illustratrice de la série Animal Jack évoquant la possibilité de sensibiliser les plus jeunes aux enjeux sociétaux et environnementaux ; de même pour Pascal BRIOIST, historien spécialiste de la Renaissance et co-auteur de l'album "En Âge florissant" en collaboration avec Anne SIMON, de créer une lecture différente du fait historique, plus critique et sourcée par de nombreuses références. Enfin Xavier ORAIN, enseignant missionné auprès de la Maison de la BD a présenté la conception de malles autour d'ouvrages de référence, de la BD du réel, pour sensibiliser sur les enjeux climatiques.

Le mercredi après-midi et le jeudi matin, c'est autour de la médiation en ligne que les échanges ont porté, évoquant la nécessité d'adapter la médiation au confinement, d'innover sur les réseaux sociaux, le web, par des tutoriels vidéos ou des ressources mises à disposition des publics...

Une nouvelle donne avec la CSTI en ligne ? Quels acteurs, médias et publics ? (mercredi 3 février à 15h)

Cette période de confinement a été propice à l’expérimentation. Avec les retours d'expériences lors de la fête de la science de l'Université de Tours  comme de la Maison des Sciences de l'Homme, ou du Pôle des étoiles à Nançay pour l'E-nuit des étoiles se posent les questions du pourquoi et du comment se lancer dans une aventure numérique de médiation : en s’assurant de proposer un contenu attractif, adapté au public visé, riche d'une co-scénarisation entre vidéastes, scientifiques et médiateurs... Mais aussi en évitant les écueils techniques. Ainsi, l'action de médiation sous un format vidéo doit être conçue comme accessible, interactive, adaptée sans trahir le propos scientifique mais en contextualisant la question par exemple dans le quotidien des spectateurs, comme l'ont évoqué Nicolas CHARLES, géologue au BRGM ou Maxime BOUCHER, doctorant à l'Université d'Orléans.

Médiation en mutation, vers quelles modalités d’accès aux ressources ? (jeudi 4 février à 10h)

Dès le confinement en mars, une médiation adaptée a émergé : pour maintenir la relation au public, pour partager vidéo, blogs, ateliers d’expérimentation, fiches techniques, chroniques ou exposition en ligne... Mais toujours pour répondre à une continuité de la médiation. De cette démarche spontanée, où il a fallut beaucoup s'adapter et se former par soi-même, on peut apprendre mais aussi mesurer combien l'investissement est conséquent. Avec les témoignages de Loïc JAVOY (FRMJC), d'Hélène MANSION (Canopé Tours), de Caroline MILLET-FERRARI et de Lucie LEJEUNE de l'équipe de médiation du musée de la marine de Loire, se posent ainsi la question de la visibilité de ces ressources en ligne, d'un éventuel accompagnement des publics pour leurs usages, de la possibilité matériel pour les acteurs de poursuivre les formes en ligne et en présentiel de médiation. Et si l'on veut en faciliter l'accès, la visibilité sur le web, d'imaginer des espaces communs pour les mettre en résonance, de développer l'événement en ligne en prolongement d'un échange bien réel ? En s'inspirant ainsi des initiatives du CEA avec Nathalie SCIARDIS ou du portail Echosciences Centre-Val de Loire présenté par Astrid PELLIEUX.

Pour finir ces temps de rencontres, la table ronde du jeudi après-midi a exploré la question : 

Sciences, médias et éducation. Esprit critique es-tu là ? (jeudi 4 février à 15h)

Avec Jérémie NICEY, maître de conférence en sciences de l'Information et Communication à EPJT de Tours, « vulgariser c'est rendre accessible, simplifier mais sans trahir. Mais est-ce qu'en matière d'information tout se vaut ? Il faut apprendre à affûter son esprit critique, à savoir reconnaître une grammaire du faux, mais aussi qui me parle ? » rejoignant la démarche de sensibilisation à l'esprit critique pour des lycéens proposée par l'équipe pédagogique Subscience avec Basile SALMON et Aurélie MÉNARD.  Jennifer GALLÉ, journaliste du média The Conversation est revenue sur la collaboration entre journaliste et scientifique pour la rédaction d’article de vulgarisation « d'une plume tenue à deux mains » et Thomas DURAND, directeur scientifique de la rédaction "La tronche en biais" a rappelé les biais cognitifs qu'ils nous faut identifier pour appendre à ne pas se laisser berner par soi-même. Enfin c'est sur une initiative inspirante de l'Académie de Dijon avec Thérèse LAUTIER, documentaliste au collège de Chalon sur Saône, présentant le développement d'espace game pour les élèves autour de l'esprit critique que ces échanges se sont terminés.

Clôture et bilan d'un dispositif innovant

En la présence d'Anne BESNIER, vide présidente en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche au Conseil régional, ce 6ème forum a été clôturé avec un immense remerciement à tous les acteurs et aux différents intervenants. Une clôture accueillie avec soulagement par toute l'équipe de Centre•Sciences tant cet exercice était nouveau, à la fois sur le fond (3 jours de débats) mais aussi sur la forme (en ligne avec un plateau régie dans les locaux de Centre•Sciences), « une véritable course de relais, mais aussi une course de fond par la durée des échanges » . Et comme il se doit, à la dernière minute, l'interruption d'une panne technique, celle crainte lors de tout direct, les ordinateurs nous ayant lâché à 1 minutes du générique, pendant les derniers mots d'au revoir des officiels ! 

Néanmoins, ce rendez-vous a été l'occasion de tester un nouveau dispositif avec notre partenaire Vodalys, avec lequel les rendez-vous en direct des labos "Sciences, on tourne" avait déjà été conduit depuis 2015 à l'attention des lycées en région. Mais surtout un dispositif original où l'équipe de Centre •Sciences a pu s'investir dans les différentes fonctions de modération des échanges via le fil de discussion, la régie en direct qui permet d'intégrer une réunion en visoconférence dans une interface fiable, sécurisante pour les flux vidéo et la facilité de connexion, la préparation des échanges et l'animation des diverses tables rondes... Même si comme chacun nous avons hâte de retrouver la convivialité des rencontres en présentiel, ce dispositif éprouvé laisse envisagé le déroulement d'autres rendez-vous en attendant, comme les conférences des Mardis de la science, désormais accessibles en ligne.

Nous attentons vos retours et vous donnons rendez-vous pour de prochains temps de rencontres

Nous avons besoin de vos retours et de connaître vos attentes pour nous permettre de poursuivre au mieux cette dynamique, avec et pour vous. Nous vous invitons à travers un questionnaire à communiquer vos questions et remarques concernant les thèmes abordés lors du forum, en particulier vos souhaits sur l’animation du réseau, les prochains rendez-vous et de fonctionnalités développées pour les acteurs de CSTI en région.

Lien vers le questionnaire :  https://www.wooclap.com/BDHSLP

Par ailleurs, nous vous invitons à consulter l’annuaire des acteurs de la culture scientifique en Centre-Val de Loire ; les structures régionales qui en région souhaitent y apparaitre pour valoriser leurs actions peuvent en faire la demande directement sur le site (déclaration d’adhésion à la charte de valeurs des acteurs de CSTI qui nous fédère).