Pour une forêt durable, garantir l’équilibre faune sauvage et sylviculture

Publié par INRAE Val de Loire, site de Nogent sur Vernisson, le 28 octobre 2022   680

Vous aimeriez en savoir plus sur la grande faune des forêts en France et comment concilier à la fois gestion forestière et présence des populations de cerfs, chevreuils et sangliers ? Deux vidéos expliquent la vie secrète de ces animaux et la cohabitation entre les sylviculteurs et les chasseurs. Ces vidéos en motion design illustrent le projet de recherche ReForest (2016-2021)* : Garantir le renouvellement de la ressource forestière en assurant l’équilibre forêt-gibier.

Les ongulés sauvages indispensables habitants de la forêt !

Le cerf, le chevreuil et le sanglier sont des animaux qui vivent principalement en forêt. On les regroupe sous le nom d’ongulés sauvages. Ces animaux jouent un rôle clé dans l’écosystème. Ils contribuent à la fois au bon fonctionnement des écosystèmes et au maintien de la biodiversité. La première vidéo « Ongulés sauvages, les ingénieurs méconnus de nos forêts » montre comment les ongulés interagissent avec leur environnement. En broutant la végétation du sous-bois, ils peuvent modifier la composition floristique de nos forêts. Par le biais de la modification de la flore, entre autres, ils contribuent également à la circulation d’éléments comme le carbone, l’azote et le phosphore dans l’écosystème. En transportant des graines dans leur pelage ou via les excréments, les ongulés participent aussi à la dispersion des graines. On parle de zoochorie quand les graines de plantes sont dispersées par les animaux. Les ongulés sauvages sont aussi des proies, par exemple pour des grands prédateurs comme le loup et le lynx. Enfin, toutes ces interactions entre les ongulés et leur environnement ont des conséquences sur d’autres groupes d’animaux comme les tiques, les insectes et les oiseaux.

Femelle de cerf élaphe qui broute des rejets de souches. Piège photographique

Equilibrer la présence des ongulés sauvages pour assurer la durabilité de la forêt

La présence des ongulés sauvages en milieu naturel n’est pas sans conséquence pour les humains et la société. Les ongulés sauvages représentent un risque pour la santé et les activités humaines : collisions avec les transports routiers et ferroviaires, maladies transmises aux cheptels domestiques et aux humains, dégâts aux cultures agricoles et aux jeunes arbres en forêt. Pourtant, ils participent également au développement économique des territoires ruraux, notamment en lien avec la chasse. Dans la deuxième vidéo « La gestion concertée de la grande faune et de la forêt, un sujet qui nous concerne tous », nous expliquons comment trouver un point d’équilibre entre les effets positifs et négatifs au profit de notre société et de la nature. Nous prenons comme exemple le point d’équilibre à trouver entre la sylviculture et l’activité cynégétique (c’est-à-dire la gestion des populations animales par la chasse). La sylviculture participe à la gestion durable des forêts : une fois les arbres matures exploités, le propriétaire a l’obligation de renouveler la forêt. Lors de la phase de renouvellement de la forêt, les ongulés peuvent engendrer des dommages aux jeunes arbres et rendre la sylviculture moins rentable. La chasse par contre est un moyen pour gérer les populations d’ongulés sauvages afin de réduire les dégâts sur la forêt. En travaillant ensemble, les forestiers et les chasseurs sont en mesure de gérer durablement la forêt et les populations d’ongulés sauvages.

Les deux vidéos ont été réalisées par 3Dlight-studio.com en collaboration avec l’unité EFNO dans le cadre du projet ReForest*. Le projet ReForest et la réalisation des vidéos ont été financés par le Conseil régional Centre-Val de Loire.

Le projet ReForest a été porté et coordonné par l’Unité de recherche EFNO du centre INRAE Val de Loire. Il a mobilisé les partenaires suivants représentants les intérêts de la gestion des forêts privées et publiques :

  • le Centre régional de la propriété forestière [CRPF] d'Ile-de-France et du Centre-Val de Loire
  • l’Office national des forêts, la Fédération régionale et départementales des chasseurs du Centre-Val de Loire, la filière forêt-bois (l’association des interprofessions de la Filière forêt-bois en Région Centre-Val de Loire, Fibois), ainsi que des représentants de l’Office français de la biodiversité et un bureau d’étude, Geo-Hyd, Antea Group.

Le projet ReForest s’est intéressé à la question de l'équilibre forêt-cervidés. Cet équilibre consiste à trouver un bon compromis entre les bénéfices et les effets néfastes que les cervidés procurent à la forêt et à la société. Les travaux du projet ReForest ont permis d’identifier des points clés qui nuisent à la concertation de la gestion de l’équilibre forêt-cervidés en région Centre-Val de Loire. Afin de remédier à ces problèmes, le projet préconise de mettre en application cinq recommandations :

  • contextualiser la définition de l'équilibre forêt-cervidés,
  • décloisonner la prise de décision,
  • expérimenter et innover en matière de pratiques de gestion,
  • systématiser la prise de données et compléter les suivis actuels,
  • rendre le partage d'information accessible à tous.

Afin d’accompagner ces recommandations, le projet a su développer en collaboration avec les parties prenantes de nouvelles procédures de concertation mises en pratique en phase de test sur un des territoires pilotes en Eure-et-Loir. Le projet a également permis d’élaborer un nouvel outil d’aide à la décision sous forme de tableau de bord interactif.

Voir les deux vidéos en motion design "Ongulés sauvages, les ingénieurs méconnus de nos forêts" et "La gestion concertée de la grande faune et de la forêt" sur ce site.

Crédit photo du visuel principal : Anders Mårell, INRAE

Contact :  Anders Mårell, anders.marell@inrae.fr